Foncier et agriculture

Sécuriser les droits des communautés : Greenpeace Afrique appelle le gouvernement camerounaisà accélérer les réformes

À l’occasion de la Journée internationale des forêts, Greenpeace Afrique a organisé, le samedi 21 mars 2026, à Yaoundé, une mobilisation publique visant à sensibiliser sur la protection des forêts du Bassin du Congo et les droits des communautés locales.

« L’exploitation des ressources naturelles se fait très souvent sur des terres revendiquées par les communautés au titre de leurs droits fonciers coutumiers. Loin de favoriser le développement local, ces projets causent des dommages environnementaux et sociaux considérables et menacent des écosystèmes que les communautés protègent depuis des générations ». Stella Tchoukep, Chargée de la campagne Forêts chez Greenpeace Afrique à l’occasion de la célébration de la Journée internationale des forêts, le 21 mars 2026, sous le thème « Les forêts et les économies »,  une interpellation fondamentale sur le fait que la forêt n’est pas seulement un sanctuaire de biodiversité, elle est le moteur silencieux de notre prospérité nationale. Pour cette journée, Greenpeace Afrique a réuni jeunes, acteurs de la société civile, institutions publiques, journalistes et scientifiques autour d’activités d’engagement public, notamment des panels de discussion, des expositions et des initiatives de mobilisation.

Le club Environnement de l’Institut des Relations Internationales du Cameroun (Iric) a eu le privilège d’abriter cette rencontre présidée par le  ministère de la Décentralisation et du Développement local (Minddevel) avec pour objectif de renforcer la prise de conscience collective et construire un front commun face aux menaces qui pèsent sur les forêts et la biodiversité. En effet, les résultats d’investigations menées par des journalistes au Cameroun révèlent une expansion alarmante de l’activité minière dans l’Est du pays. En seulement 14 ans, la superficie minière y a augmenté de 5 000 %, passant de 82 hectares en 2010 à plus de 4 600 hectares en 2024. Cette dynamique s’est accompagnée d’une perte estimée à près de 270 000 hectares de forêt primaire. Or, les forêts jouent un rôle essentiel dans la régulation du climat, en particulier à l’échelle locale, et contribuent, avec les sols, au stockage du carbone. De même, selon le rapport de l’Ong Mighty Earth en juillet 2025, le Cameroun a enregistré 782 797 hectares de pertes de forêts depuis 2020, soit environ 4,2% du couvert forestier du pays en 5 ans.

Pétition

Selon Greenpeace Afrique, dans ce contexte, la Journée internationale des forêts rappelle l’urgence de renforcer leur protection et de lutter plus efficacement contre la criminalité environnementale et les défaillances de gouvernance. La mobilisation de Yaoundé a également permis d’engager un dialogue constructif sur la gouvernance forestière, la sécurisation des droits fonciers des communautés et la promotion de solutions durables portées par les communautés locales et les peuples autochtones (CLPA). Pour Greenpeace Afrique, ces réformes sont indispensables pour garantir une protection effective des forêts et le bien-être des populations qui en dépendent. Les communautés locales et les peuples autochtones sont privés de leurs terres agricoles et de leurs forêts, autrefois sources de subsistance, aujourd’hui dégradées et polluées. «A Apouh à Ngoh, un village aux environs d’Edéa, on ne connaît pas ce qu’on appelle la forêt. On n’a même pas vécu la forêt. Nos ancêtres ont été chassés de leurs terres par l’implantation des agro-industries. Au point où aujourd’hui, nous luttons pour avoir ne serait qu’un espace vital. La situation s’empire parce que nous n’avons même plus accès à une potable», décrie Félicité Ngon Bissou, présidente de l’association des femmes riveraines de la Socapalm (Afrise).

Greenpeace Afrique appelle le gouvernement camerounais à renforcer les mécanismes de protection des forêts et à garantir les droits des communautés dont les moyens de subsistance en dépendent. L’organisation exhorte notamment les décideurs à : reconnaître et sécuriser les droits fonciers coutumiers des peuples autochtones et des communautés locales dans les réformes en cours ; instaurer un moratoire sur les nouveaux projets pétroliers, gaziers, miniers et agro-industriels dans les zones à haute valeur écologique ; garantir un accès direct et équitable des communautés aux financements climat et biodiversité. Mais aussi de promouvoir des solutions portées par les communautés, telles que l’agroécologie et les économies locales durables développées dans les forêts communautaires. Greenpeace Afrique a aussi lancé une pétition appelant la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples à reconnaître la crise climatique, causée en partie par la déforestation, comme une violation des droits humains.

Nadège Christelle BOWA

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