WASH

Réforme du secteur eau: Le Cameroun élabore son Compact national Eau

Conçu par l’Etat, ce document stratégique constitue la nouvelle boussole pour engager les réformes structurelles du secteur de l’eau au Cameroun et aplanir les obstacles qui paralysent l’accès à cette ressource vitale. Il a été présenté aux bailleurs de fonds pour pouvoir mobiliser des fonds nécessaires à la structuration tant attendue, au cours d’une table ronde de deux jours à Yaoundé.

«Des enfants qui marchent des kilomètres sous un soleil de plomb pour chercher de l’eau, une eau souvent impropre, insuffisante, toujours incertaine. C’est le signal d’un système sous pression, amplifié par le changement climatique». Extrait du discours de Anne Fouchard, de Unicef Cameroun, à l’ouverture de la table ronde sur le Compact national Eau du Cameroun, le mercredi 1er avril 2026 à Yaoundé. Une rencontre de deux jours présidée par Gaston Eloundou Essomba, ministre de l’Eau et de l’Energie en présence de représentants de diverses institutions et des partenaires technique et financier au développement du pays. Le compact national Eau a expliqué l’hôte, est un processus national structuré, porté par l’État, qui traduit son engagement à réformer, coordonner et renforcer durablement le secteur de l’eau. «Une démarche structurante, courageuse, qui reconnaît une réalité essentielle» selon l’Unicef qui avec force l’initiative du gouvernement du Cameroun et du Minee à travers ce compact national Eau.  Car «La crise de l’eau n’est plus seulement une question d’accès, elle est devenue une question de résilience, de justice et d’avenir», souligne Anne Fouchard.

Au Cameroun, le secteur de l’eau au Cameroun fait face à des défis majeurs dont l’accès encore insuffisant à l’eau potable, des enjeux d’assainissement, effets du changement climatique, dispersion des financements et coordination perfectible des acteurs. Dans ce contexte, le Compact National Eau constitue un cadre structurant d’orientation, de coordination et d’action collective. Il vise à fédérer l’ensemble des acteurs autour d’une vision commune, de priorités partagées et d’une feuille de route opérationnelle, tout en mobilisant l’appui des Partenaires Techniques et Financiers, afin d’améliorer la gouvernance, la performance des services et l’accès équitable et durable à l’eau pour tous. Ce processus s’inscrit dans une approche inclusive, orientée vers les résultats et fondée sur la redevabilité. En effet, «Aucune réponse durable ne peut être apportée sans une mobilisation conjointe de l’ensemble des acteurs, États, collectivités, partenaires, secteurs privés, sociétés civiles et communautés. Ce compact ouvre la voie à une gouvernance plus intégrée de l’eau, à une vision partagée et à des investissements mieux coordonnés. C’est précisément ce dont le Cameroun a besoin aujourd’hui», relève Anne Fouchard, d’après qui l’Unicef joue un rôle majeur, à la fois technique, opérationnelle pour accompagner le gouvernement dans la transformation du secteur Wash (eau et assainissement).

Vers une réponse politique coordonnée

Cette agence des Nations Unies en charge de l’enfance, rappelle-t-elle, intervient à plusieurs niveaux essentiels. Notamment dans les écoles où, chaque enfant doit pouvoir apprendre dans un environnement propice où il a un accès à une eau potable, à des latrines dignes, séparées pour les filles et les garçons, pour que les filles ne décrochent pas, faute d’infrastructures adaptées. Dans les formations sanitaires, qui chacune doit disposer d’eau potable et d’installations d’hygiène pour garantir des soins sûrs. «Pour la nutrition des enfants, l’accès à l’eau et à l’assainissement est indispensable pour prévenir la malnutrition et protéger les mille premiers jours de vie. Nos interventions intègrent pleinement aujourd’hui la dimension climatique», assure Anne Fouchard. Cette table ronde de Yaoundé qui se veut un espace de co-construction de l’action publique pour une gestion durable de la ressource en eau, bénéficie également du soutien de la Banque mondiale aux côtés d’autres institutions comme la Banque africaine de développement (BAD), l’Agence française de développement (AFD), l’Union européenne, la JICA (Japan International Cooperation Agency) et l’Agence allemande de développement (KfW), qui voient dans ce Compact, l’opportunité d’apporter enfin une réponse politique coordonnée.

Le succès de l’implémentation du Compact Eau repose également sur la décentralisation. À ce propos, le ministère du développement local (Minddevel) reconnaît le rôle indispensable des Collectivités territoriales décentralisées (CTD) dans la durabilité des services. En effet, ce sont les mairies et les conseils régionaux qui assureront la pérennité des infrastructures et la proximité avec les usagers. Présentée comme un  moment décisif d’alignement, de décision et de structuration du secteur, la table ronde a permis de  : Valider la vision et les priorités du Compact ; Approuver une gouvernance claire ; Aligner les acteurs publics (administrations publiques, opérateurs du secteur (dont Camwater), collectivités territoriales), partenaires techniques et financiers, secteur privé et société civile ; et Définir une feuille de route d’actions prioritaires à court et moyen terme. Le budget prévisionnel de ce Compact national Eau est estimée à 2 426 milliards de Fcfa dont moins de la moitié a été pourvue à travers le financement de certains projets déjà intégrés au document.

Nadège Christelle BOWA

 

 

 

 

 

 

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