Le plaidoyer du CSFEF en faveur de l’investissement public pour l’éducation dans les pays francophones
La campagne a été lancée au cours de la réunion du bureau du Comité Syndical Francophone de l’Education et de la Formation (Csfef) du 19 au 21 mai à Dakar au Sénégal. Entre autres points inscrits à l’ordre du jour de cette rencontre, le point sur la situation de l’école publique dans les pays membres, sur les conditions de travail des personnels éducatifs et sur les défis éducatifs auxquels les pays francophones font face.

«Sans investissement massif, stable et équitable dans les systèmes éducatifs, les États francophones ne pourront ni tenir les engagements issus des Objectifs du Millénaire pour le développement, ni atteindre l’Objectif de développement durable 4 (ODD4) sur l’éducation de qualité pour tous», justifie le bureau du Comité Syndical Francophone de l’Education et de la Formation (Csfef) qui inscrit son action dans la campagne « La force du public ! Ensemble on fait école » lancée il y a deux ans par l’Internationale de l’Éducation qui représente 35 millions d’éducatrices et d’éducateurs sur tous les continents. «Loin d’être une dépense de confort, l’éducation conditionne la réduction de la pauvreté, l’amélioration de la santé, l’égalité femmeshommes, la vitalité démocratique et la capacité à faire face aux crises économiques, sociales et climatiques», expliquent les représentants des organisations syndicales des pays francophones réunit à Dakar au Sénégal du 19 au 21 mai 2026.
Dans de nombreux pays francophones, des millions d’enfants restent hors de l’école ou en sortent sans maîtriser les compétences de base. Les rapports internationaux montrent un déficit massif de financement qui empêche de généraliser la scolarisation de base, de garantir des infrastructures dignes et de soutenir la transformation numérique des systèmes éducatifs. Trop souvent, l’éducation reste une variable d’ajustement budgétaire.
«Dans beaucoup de pays qui décident des restrictions budgétaires, le budget de l’éducation étant le plus important, il peut subir des coupes sévères» Nicolas Anoto, vice-président aux communications du CSFEF.
Face à cette situation, le Comité rappelle que « l’avenir de la Francophonie se joue dans les écoles ». Il revendique une éducation publique gratuite, inclusive, de qualité, reconnue comme droit humain fondamental et bien public mondial. Le Csfef demande que les gouvernements consacrent au minimum 6% du PIB et 20% des dépenses publiques à l’éducation, seuils nécessaires pour former et recruter des enseignant·e·s, réduire la taille des classes, améliorer les conditions de travail, lutter contre les inégalités territoriales et de genre et garantir une éducation tout au long de la vie.
Il insiste aussi sur le rôle des syndicats comme acteurs du dialogue social, porteurs de l’expertise du terrain dans la conception et le suivi des politiques éducatives. «À chaque Sommet de la Francophonie, les États s’engagent à soutenir des systèmes éducatifs inclusifs et de qualité et le document d’orientation et de réflexion présenté au sommet de la CONFEMEN à Yaoundé en avril 2026 dessine des axes ambitieux, à même de relever les défis éducatifs de notre époque». selon le Csfef, ces engagements n’ont de sens que s’ils se traduisent par des arbitrages budgétaires concrets. «Investir massivement et durablement dans l’éducation publique, c’est donner un avenir aux jeunesses francophones et construire une Francophonie fondée sur la justice sociale, l’égalité et la paix», soutiennent ces représentants des organisations syndicales des pays francophones au termes de leurs assises.
Nadège Christelle BOWA



