Développement durable

Aureol Mbakop: Le mot d’ordre est « Moins de pertes, plus de qualité, plus de revenus »

Selon le coordonnateur de l’initiative Agribusiness Development Services Engineering (Agrides), grâce à cette solution, l'agri-preneur passe d'une agriculture de survie à une agro-industrie rentable. Comment? Ses réponses dans cette interview.

Outre la transformation agroindustrielle, quels sont vos autres domaines d’expertise ?

L’agriculture Durable et Bio. Nous travaillons activement à accompagner les agriculteurs vers l’agroécologie. L’objectif est de produire mieux avec moins de produits chimiques, tout en aidant ceux qui le souhaitent à obtenir des certifications « Bio » futures pour vendre plus cher à l’export. La maîtrise de l’Eau et Énergie car, il n’y a pas d’agriculture sans eau. Nous travaillons à concevoir des systèmes d’irrigation intelligents (goutte-à-goutte) pour produire toute l’année, même en saison sèche, et nous valorisons les déchets agricoles en énergie (compost, biogaz, charbon bio). L’Ingénierie Financière (Le levier de croissance). Nous « traduisons » les projets agricoles en langage bancaire. Notre expertise permet de monter des Business Plans qui rassurent les banques et les investisseurs. La Digitalisation (Agri-Tech). Nous intégrons le numérique (applications de gestion, suivi par smartphone) et dans les modules de formation, l’intelligence artificielle dans toutes nos formations pour que l’agriculteur devienne un chef d’entreprise moderne et connecté. En bref, Agrides apporte la technique, la finance et la technologie pour faire de l’agriculture camerounaise une industrie compétitive

Comment Agrides booste-t-elle la productivité et la rentabilité des agriculteurs ?

Le mot d’ordre est «Moins de pertes, plus de qualité, plus de revenus». Avec Agrides, l’agri-preneur passe d’une agriculture de survie à une agro-industrie rentable. Pour Agrides, un agriculteur ne doit plus seulement « travailler la terre« , il doit « gérer une entreprise« . Nous intervenons sur trois leviers qui changent tout : Transformer pour ne plus perdre : Le plus gros manque à gagner en Afrique, ce sont les récoltes qui pourrissent. Nous apprenons aux agriculteurs à transformer leurs produits comme faire de la farine avec leur manioc. Résultat : le produit se conserve un an au lieu de trois jours, et se vend plus cher. Produire « intelligent » : Nous conseillons sur les meilleures techniques (irrigation, engrais naturels, choix des semences) et surtout sur le choix des bonnes machines. Une machine bien choisie, c’est deux fois plus de production avec deux fois moins d’efforts. Vendre au bon prix : Nous aidons l’agriculteur à calculer ses coûts réels et à trouver des clients sérieux (boulangeries, supermarchés, export). Grâce à nos Business Plans, nous lui ouvrons aussi les portes des établissements de micro finance, des fonds pour obtenir les crédits nécessaires à sa croissance. Nos clients ont installé des petites usines (séchage, broyage) qui tournent chaque jour. Là où ils perdaient 40 % de leur récolte avant, ils transforment aujourd’hui 100 % de leur production en produits dérivés qui se conservent longtemps.

Quels sont les signes de succès attendus dans les prochains mois ?

Le changement est déjà en marche. Nous surveillons quatre preuves concrètes pour valider notre impact immédiat : Plus de farines locales prêtes pour la boulangerie (Qualité) : L’une des premières étapes clés est la réussite de nos tests de « panification ». Nous attendons des farines de manioc et de patate si fines et stables qu’elles pourront remplacer une partie du blé dans le pain quotidien des Camerounais sans en changer le goût. L’agriculteur connecté (Digitalisation) : Dans les mois à venir, nous lançons les premiers tests de notre plateforme mobile. Le signe de progrès sera de voir les 50 premiers entrepreneurs ruraux gérer leurs stocks et leurs Business Plans directement depuis leur smartphone. Le feu vert des structures de financement, EMF, banques (Financement) : Nous attendons la validation des premiers dossiers de financement structurés selon notre nouvelle méthode. Dès que les 10 premières PME accompagnées recevront leurs fonds pour acheter des machines, nous saurons que notre modèle de « bancabilité » fonctionne. Le label « Made in Cameroon » en magasin (Accès au marché) : L’étape ultime à court terme est de voir de nouveaux produits de nos clients (farines emballées, jus naturels) obtenir leurs certifications sanitaires. Leur présence sur les étagères des supermarchés locaux sera encore la preuve irréfutable de notre succès continuel. De nouveaux entrepreneurs sur le terrain (Incubation) : Avec notre incubateur déjà en place, nous attendons la sortie de nouvelles cohortes de jeunes prêts à lancer leurs propres fermes ou unités de transformation. C’est le moteur de l’emploi rural que nous activons.

Réalisée par

Nadège Christelle BOWA

 

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