Baltazar ATANGANA: One Health, genre et crise au Cameroun
Ce qui me frappe dans ces questions, c'est qu'elles touchent exactement là où le discours institutionnel bute. Le One Health est une belle ambition. Mais entre l'ambition et ce que vivent les femmes du Septentrion, les jeunes déscolarisés des zones de conflit, les Baka qui n'ont plus accès à leur forêt — il y a un écart que les approches techniques seules ne combleront jamais. Ce questionnaire est une occasion de dire ce que le terrain m'a appris, concrètement, sans faux-semblants. Réponses de Baltazar ATANGANA, Expert en genre, inclusion et développement aux préoccupations sur le «One Health» en lien avec les questions de genre en contexte de changement climatique, de crise sanitaire et sécuritaire au Cameroun. Son travail consiste essentiellement à faire le lien entre ce que les institutions pensent et ce que les communautés vivent réellement. Depuis plusieurs années, il intervient sur des questions qui croisent la santé, l'environnement et les dynamiques sociales et la gouvernance locale — ce que l'on appelle aujourd'hui One Health — même si ce cadre conceptuel n'est pas toujours nommé comme tel sur le terrain. A son avis, La santé des femmes est indissociable de leur environnement immédiat, statut social et relations de pouvoir...
Dans quelle région exercez-vous principalement vos activités ?
Mes interventions couvrent plusieurs régions du Cameroun, avec une attention particulière pour les zones où les vulnérabilités se cumulent — le Septentrion, les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, et les zones forestières du Bassin du Congo. Ce sont des contextes très différents, mais avec un point commun : les populations les plus exposées aux risques sanitaires et environnementaux sont aussi celles qui ont le moins de prise sur les décisions qui les concernent. En janvier 2026, j’étais à Méhé pour accompagner un projet d’hygiène menstruelle porté par une organisation non-gouvernementale internationale. À première vue, ça n’a rien à voir avec le One Health. Mais en discutant avec les femmes sur place, ce qui est remonté naturellement, c’est la question de l’accès à l’eau, la gestion des déchets biologiques, les tabous qui entourent les menstruations et leur lien avec certaines pratiques d’isolement — des pratiques qui, dans des contextes d’endémies comme le paludisme ou la bilharziose, ont un impact sanitaire direct. Cette mission m’a confirmé que les entrées sectorielles classiques ratent souvent l’essentiel : la santé des femmes est indissociable de leur environnement immédiat, de leur statut social et des relations de pouvoir dans lesquelles elles vivent. C’est exactement ce que le One Health devrait intégrer — et souvent ne fait pas dans notre contexte.
Comment le changement climatique affecte-t-il la santé des hommes, des femmes et des jeunes différemment au Cameroun ?
La réponse simple serait de dire que tout le monde souffre pareil. La réponse honnête, c’est que non. Les températures augmentent, les pluies se dérèglent, le Lac Tchad continue de rétrécir — il a perdu près de 90% de sa superficie en soixante ans — et ces transformations ne tombent pas uniformément sur les épaules de tout le monde.
Dans l’Extrême-Nord, ce sont les femmes qui partent chercher l’eau. Quand les points d’eau reculent, c’est leur charge qui s’alourdit, pas celle des hommes. Et cette charge supplémentaire a un coût sanitaire direct : moins de temps pour se soigner, plus d’exposition aux risques en chemin, et une fatigue chronique qui affaiblit la résistance aux maladies. Ce n’est pas une observation abstraite — c’est ce que des femmes de Méhé, où j’etais récemment, décrivent quand on leur pose la question.
Chez les jeunes, les effets sont différents mais tout aussi réels. La sécheresse et les inondations détruisent les moyens de production familiaux, et quand il n’y a plus de perspectives agricoles, ce sont souvent les garçons qui basculent vers des activités à risque — braconnage, circuit informel de la viande de brousse, marchés d’animaux non contrôlés. Ces pratiques les exposent directement aux zoonoses. Les filles, elles, sont davantage exposées aux mariages précoces dans ces périodes de choc, parce que pour une famille appauvrie, une fille mariée est une charge en moins.
Les hommes adultes ne sont pas épargnés non plus, mais les dynamiques sont différentes. La destruction de leurs moyens de production fragilise leur identité sociale dans des sociétés où le statut masculin est très lié à la capacité nourricière, ce qui peut alimenter des tensions, voire des violences intrafamiliales ou une adhésion à des groupes armés — on le voit au Sahel.
Quelles stratégies d’adaptation suggérez-vous, en tenant compte des spécificités de genre et des tranches d’âge ?
La première chose que je dirais, c’est qu’on ne peut pas adapter ce qu’on ne mesure pas. Aujourd’hui encore, la plupart des données de surveillance sanitaire et environnementale au Cameroun ne sont pas désagrégées par sexe et par âge de façon systématique. Sans ça, on intervient à l’aveugle.
Ensuite, il y a l’évidence que l’on continue de sous-exploiter : les femmes assurent plus de 70% de la production alimentaire en Afrique subsaharienne selon la FAO. Investir dans leur accès aux semences adaptées, au crédit, aux techniques d’irrigation douce, ce n’est pas une question de justice sociale uniquement — c’est la stratégie d’adaptation la plus efficace que l’on ait. Mais ça suppose de mettre fin à la discrimination foncière qui prive les femmes d’accès à la terre dans la majorité des régions du pays.
Il y a aussi quelque chose que j’ai appris sur le terrain et que l’on n’entend pas assez dans les conférences : les Baka, les Mbororo, les communautés riveraines du fleuve ont des connaissances empiriques sur les signaux précurseurs de crises — comportements animaux inhabituels, modifications végétales, variations de points d’eau. Ce sont des systèmes d’alerte précoce vivants, gratuits, et que l’on ignore systématiquement au profit de capteurs technologiques souvent non maintenus.

Comment les crises sanitaires affectent-elles différemment les hommes, les femmes et les jeunes au Cameroun ?
La COVID-19 a mis ça en pleine lumière, même si ce n’était pas une nouveauté. Les femmes sont surreprésentées dans les métiers du soin, formel et informel. Ce sont elles qui ont tenu les ménages pendant les confinements, qui ont assuré les soins des malades, qui ont géré l’école à la maison. Et tout ça, sans protection particulière, sans compensation, sans même que ce travail soit comptabilisé quelque part.
Dans les contextes d’Ebola ou de mpox — on l’a vu en Afrique centrale — ce sont les femmes qui préparent les corps pour les rituels funéraires. C’est une pratique culturelle profondément ancrée, et elle représente un vecteur de transmission majeur que les premières réponses sanitaires ont mis du temps à intégrer, justement parce que personne n’avait anticipé cette dimension.
Les jeunes, eux, paient un autre prix. Les ruptures scolaires provoquées par les crises se transforment trop souvent en abandons définitifs, surtout chez les filles. L’UNICEF Cameroun a documenté comment les crises superposées — COVID-19, crise sécuritaire du NOSO, conflits dans le Sahel — ont cumulé leurs effets sur des centaines de milliers d’enfants. Ce n’est pas une statistique abstraite, c’est une génération dont on compromet l’avenir.
Les hommes, de leur côté, sous-utilisent les services de santé en période de crise par méfiance institutionnelle ou par peur d’être stigmatisés. Dans des maladies à transmission rapide, cette réticence est un facteur épidémiologique sérieux, mais il est rarement traité comme tel.
Quels sont les besoins spécifiques des femmes, des hommes et des jeunes dans ces situations ?
Les femmes ont besoin, d’abord, d’une protection contre les violences qui explosent systématiquement en période de crise — les chiffres de violences basées sur le genre augmentent sans exception dans tous les contextes d’urgence documentés. Elles ont besoin d’un accès maintenu aux soins de santé sexuelle et reproductive, qui sont presque toujours les premiers services sacrifiés lors des déprogrammations d’urgence. Et elles ont surtout besoin d’être intégrées comme décideuses, pas seulement comme bénéficiaires.
Les hommes — et c’est une dimension souvent négligée dans le travail sur le genre — ont besoin d’espaces de dialogue qui ne les réduisent pas à des agresseurs potentiels. Travailler sur les masculinités positives, sur ce que signifie être un homme dans une société en crise, c’est un levier de transformation que l’on mobilise trop peu.
Les jeunes ont besoin d’espaces où leur parole compte réellement. Pas des comités de jeunesse décoratifs, pas des sessions de consultation pro forma. Ils représentent plus de 60% de la population camerounaise. Leur exclusion des mécanismes de décision sanitaire n’est pas seulement une injustice, c’est une perte de ressources considérable pour les systèmes de réponse.
Comment la sécurité alimentaire et sanitaire est-elle impactée par les changements climatiques et les crises sanitaires au Cameroun ?
Le Cameroun a une position écologique particulière : à la fois sahélien, forestier, côtier, avec des zones de contact entre des écosystèmes très différents. C’est une richesse, mais c’est aussi une matrice épidémique. La déforestation qui progresse au rythme de 0,5% par an selon Global Forest Watch fragmente les habitats fauniques et crée des interfaces de contact entre espèces sauvages, domestiques et humaines — c’est exactement le type de conditions qui favorise l’émergence de nouveaux agents pathogènes.
Dans l’Extrême-Nord, l’insécurité alimentaire ne relève plus de la saisonnalité, elle est devenue structurelle. Le Cadre Harmonisé de novembre 2023 signalait plus d’un million deux cent mille personnes en situation de crise alimentaire aiguë dans cette seule région. Ces ménages appauvris se tournent vers la chasse, l’élevage non contrôlé, des pratiques qui augmentent précisément l’exposition aux zoonoses. C’est un cercle vicieux que le One Health devrait traiter dans sa globalité, et qu’il traite encore trop souvent par compartiments séparés.
Quelles en sont les conséquences pour les femmes, les jeunes et les groupes vulnérables, dont les peuples autochtones ?
La conséquence la plus invisible, parce que la plus acceptée, c’est que les femmes rurales absorbent les chocs alimentaires en mangeant moins pour que les autres mangent. Ce mécanisme-là est documenté partout en Afrique subsaharienne, et il a des effets directs sur leur immunité, leur santé reproductive, leur vulnérabilité aux infections. Mais comme il se passe dans le privé du foyer, il n’apparaît dans aucun système d’information sanitaire.
Pour les peuples autochtones — je pense aux Baka du Sud et de l’Est — la situation est particulièrement grave. Les restrictions d’accès aux forêts, parfois imposées au nom de la conservation, les privent simultanément de leur alimentation, de leur pharmacopée traditionnelle et de leurs repères culturels. C’est une violence systémique à triple détente que très peu d’interventions One Health prennent réellement en compte.
Les jeunes garçons des ménages les plus précaires, faute d’alternatives économiques, se retrouvent dans des filières à haut risque de transmission zoonotique — abattage informel, vente de viande de brousse, travail dans les marchés d’animaux vivants. Ce n’est pas de l’irresponsabilité individuelle, c’est la conséquence directe de leur exclusion économique. Il faut avoir le courage de le nommer ainsi.
Quels sont les principaux défis à la mise en œuvre de One Health dans les zones de crise sécuritaire au Cameroun ?
La réponse courte, c’est que One Health suppose une continuité d’action — surveillance, prévention, réponse, coordination — que les contextes de conflit rendent structurellement impossible. Dans le Septentrion, les incursions de Boko Haram et de ses factions ont rendu des zones entières inaccessibles. Les agents de santé, les équipes de vaccination, les agents vétérinaires sont des cibles. On ne peut pas déployer une approche One Health dans un territoire où les acteurs de première ligne risquent leur vie à chaque mission.
Dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, la crise anglophone a produit quelque chose peut-être encore plus difficile à réparer : une destruction du lien de confiance entre les communautés et l’État. Les structures de santé ont été attaquées. Les personnels qualifiés ont fui. Les chaînes d’approvisionnement sont cassées. Et dans ce vide, la faune sauvage reprend ses droits sur des espaces agricoles abandonnés, créant de nouvelles interfaces de contact humain-animal dans des zones sans aucune surveillance épidémiologique.
Il y a aussi, et c’est moins visible, un défi de fragmentation institutionnelle profond. Les ministères de l’Élevage, de la Santé Publique et de l’Environnement fonctionnent en silos, avec des systèmes d’information qui ne se parlent pas. Au niveau local — celui où le One Health devrait vivre — les mécanismes de coordination intersectorielle sont quasi inexistants.
Comment ces contextes aggravent-ils les inégalités de genre dans l’accès aux soins et aux ressources ?
En zone de conflit, les violences sexuelles ne sont pas des effets collatéraux — elles sont utilisées comme instrument de guerre et de déstabilisation sociale. Dans les deux conflits camerounais, des femmes et des filles en ont été victimes à grande échelle, dans un contexte d’impunité quasi-totale. Et quand les structures de santé ferment, ce sont les soins de santé sexuelle et reproductive qui disparaissent en premier.
Les jeunes hommes, eux, sont exposés au recrutement forcé dans les deux camps. Leur absence dans les communautés reporte la totalité du travail productif et reproductif sur les femmes, tout en les privant d’une partie de leur protection sociale traditionnelle.
Les peuples autochtones, déjà marginalisés en temps ordinaire, deviennent littéralement invisibles dans les dispositifs de réponse humanitaire et sanitaire en contexte de conflit. Ils ne sont pas dans les camps de déplacés officiels, ils ne figurent pas dans les registres, et ils n’ont ni les codes ni les réseaux pour accéder aux services qui existent.
Quels acteurs sont impliqués et quelles sont leurs limites ?
On trouve sur le terrain les ministères sectoriels, les agences onusiennes, les ONG internationales et nationales, les organisations communautaires, les chefs traditionnels et les leaders religieux. Chacun a son mandat, ses ressources, sa logique d’intervention. Et rarement tout ce monde travaille vraiment ensemble.
La limite principale n’est pas technique, elle est politique. Les décisions se prennent à Yaoundé ou dans les capitales des bailleurs de fonds, souvent sans que les communautés les plus affectées aient eu voix au chapitre. Les cycles de financement de 18 ou 24 mois ne correspondent à rien dans la temporalité d’une crise structurelle qui dure depuis dix ans. Et les mécanismes de coordination — quand ils existent — rassemblent surtout des représentants institutionnels, rarement des femmes rurales, des jeunes ou des représentants des peuples autochtones.
Quelles propositions concrètes pour surmonter les défis de mise en œuvre de One Health en contexte sécuritaire ?

Mercredi 18 mars 2026, j’étais à l’atelier institutionnel organisé par l’IRAD sur le One Health. Un jeune doctorant du CIRAD, Brice Talla Sadeu, y présentait une approche qu’il développe dans ses travaux de thèse et qu’il appelle la « gouvernance polycentrique ». L’idée, en substance, c’est de mettre en relation les différents pôles de décision — acteurs publics, privés, société civile — pour construire une architecture de gouvernance partagée, plus résiliente face aux crises que les structures hiérarchiques classiques.
Je trouve cette piste intellectuellement solide. Mais en écoutant la présentation, je pensais à la femme de Nkolofata — ou à celle que j’avais rencontrée à Méhé en janvier dernier. Est-ce qu’elle serait dans ce schéma de gouvernance polycentrique ? Et si oui, avec quel rôle réel ?
C’est là que je voudrais aller plus loin que l’approche de Brice, que je respecte et que j’encourage. La gouvernance polycentrique ne tient ses promesses que si les voix marginalisées y ont une place structurelle, pas consultative. La femme qui élève son bétail à Nkolofata, qui observe chaque jour l’état de ses animaux, les comportements de la faune sauvage autour de son village, les variations de la végétation — elle est un capteur épidémiologique de première qualité. Elle doit entrer dans le réseau One Health comme observatrice active, avec un rôle formalisé, une rémunération, une reconnaissance institutionnelle. Pas comme cible d’une campagne de communication.
Concrètement, cela suppose au moins quatre choses. D’abord, créer des brigades communautaires One Health mixtes dans les zones tampons des conflits — femmes, hommes, jeunes, représentants des peuples autochtones — formées à la surveillance de base et connectées aux systèmes d’alerte nationaux. Ensuite, rendre l’analyse de genre obligatoire dans tous les plans de réponse One Health, pas comme exercice formel, mais comme outil de pilotage réel : qui est exposé, qui a accès aux ressources, qui décide. Troisièmement, adopter des mécanismes de financement flexibles sur le long terme, parce qu’une crise structurelle de dix ans ne se traite pas avec des projets de dix-huit mois. Et enfin, s’appuyer sur des technologies adaptées aux contextes de faible connectivité — plateformes SMS, cartographie participative sur smartphone basique — pour maintenir le lien entre communautés isolées et dispositifs institutionnels.
Quelles actions pour mieux intégrer les questions de genre dans les approches One Health au Cameroun ?
Il existe un Plan d’Action National Genre et Changement Climatique au Cameroun. Le problème, c’est que ce document reste largement ignoré dans les pratiques One Health. La première chose à faire, c’est donc de mettre fin à cette étanchéité : les acteurs One Health doivent connaître ce cadre politique et s’y référer.
Mais au-delà des textes, il faut des mécanismes contraignants. Introduire des critères de genre obligatoires dans les appels à projets et les protocoles de recherche — toute étude épidémiologique, tout programme de vaccination animale, toute intervention de conservation devrait comporter des indicateurs désagrégés par sexe et par âge, et un volet d’analyse des impacts différenciés.
Il faut aussi investir dans la formation des professionnels One Health sur le genre. Les vétérinaires, les agents de santé communautaire, les forestiers — ces métiers sont très masculins, et cette homogénéité a un impact direct sur la qualité de l’interaction avec les femmes et les jeunes filles des communautés. Ce n’est pas un détail, c’est une condition d’efficacité.
Et enfin — c’est peut-être le plus difficile à faire — il faut construire des alliances réelles entre les acteurs du genre et ceux du One Health. Ces deux mondes se croisent peu, se connaissent mal, utilisent des langages différents. Des espaces de dialogue structurés, de la co-formation, des projets pilotes cogérés permettraient de construire les ponts qui manquent.
Comment pouvez-vous contribuer personnellement ou professionnellement à ces efforts ?
Je contribue d’abord à la production d’une connaissance ancrée dans le terrain. Mes missions d’assistance technique auprès des bailleurs, des organisations internationales, nationales et locales— Méhé en janvier, l’atelier IRAD cette semaine, et toutes celles qui précèdent — me donnent accès à des réalités que les analyses de bureau ne voient pas. Mettre ces observations en circulation, les formaliser, les rendre utilisables par d’autres, c’est déjà une forme de contribution.
Je m’engage aussi dans l’accompagnement de structures qui veulent sérieusement intégrer le genre dans leurs pratiques et politiques. Pas pour cocher une case, mais pour transformer réellement leur façon de travailler — diagnostics genrés de terrain, plans d’actions genre, formations, co-développement d’outils adaptés aux contextes locaux.
Et je contribue, enfin, à amplifier des voix qui ne parviennent pas naturellement jusqu’aux forums académiques et politiques. Non pas pour parler à la place des femmes rurales, des jeunes ou des peuples autochtones — ils n’ont pas besoin qu’on parle pour eux — mais pour contribuer à créer les conditions dans lesquelles ils peuvent parler eux-mêmes, et être entendus.
La vraie question n’est pas de savoir comment « inclure » les populations marginalisées dans le One Health au Cameroun. C’est de comprendre pourquoi le One Health, tel qu’il est souvent conçu, les exclut structurellement : involontairement ou involontairement ? Soit ! Cette question-là est plus inconfortable, mais c’est la seule qui permette de changer quelque chose en profondeur.
Réalisée par
Nadège Christelle BOWA



