Intelligence artificielle en Afrique: Une quarantaine d’apprenants formés à Yaoundé
Sélectionnés sur le volet, dans le cadre de la deuxième édition de l’école Apprentissage Artificiel et Fouille de Données (I3AFD), ces apprenants venus des pays de l’Afrique Centrale et de l’Ouest sont formés aux aspects fondamentaux et pratiques de l’IA générative pour révolutionner ce domaine en Afrique. La formation qui se déroule à l’Université de Yaoundé I , est centrée sur l’IA générative, une approche qui a démocratisé l’IA et connue du grand public sous la forme de ChatGPT, Gemini, Meta AI, DeepSeek, ...
L’atmosphère est studieuse dans la salle des conférences du Centre national du Développement numérique du ministère de l’Enseignement supérieur (Minesup) à Yaoundé, ce lundi 30 mars 2026. Une quarantaine d’étudiants et doctorants écoutent religieusement le Pr. Antoine Cornuéjols, auteur du célèbre ouvrage intitulé: «Apprentissage artificiel : Concept et algorithmes». Lequel ouvrage publié il y a une dizaine d’années, présente les concepts qui sous-tendent l’apprentissage artificiel, les algorithmes qui en découlent et certaines de leurs applications. Avec pour objectif, de décrire un ensemble d’algorithmes utiles en tentant d’établir un cadre théorique pour l’ensemble des techniques regroupées sous ce terme «d’apprentissage artificiel». Le livre s’adresse tant aux décideurs et aux ingénieurs qui souhaitent mettre au point des applications qu’aux étudiants de niveau Master 1 et 2 et en école d’ingénieurs, qui souhaitent un ouvrage de référence sur ce domaine clé de l’intelligence artificielle (IA). On comprend donc toute l’attention des apprenants qui sont conscients d’avoir le privilège d’écouter un maître. La méthodologie participative donne à son auditoire de poser des questions et recevoir des réponses. Lesquelles suscitent d’autres préoccupations, toutes satisfaites au mieux possible.

Ce sera ainsi jusqu’au 11 avril prochain. Quinze jours durant lesquels, des intervenants de renommée internationale, issus des meilleures institutions camerounaises, françaises, africaines et nord-américaines dans les spécialités de l’IA, vont former des doctorants, des masters et de jeunes chercheurs de l’Afrique Centrale et de l’Ouest aux aspects fondamentaux et pratiques de l’IA générative. Ces «technologies qui révolutionnent entre autres la vision par ordinateur, le traitement automatique des langues – en particulier pour les langues peu dotées, une caractéristique essentielle des langues africaines – et toutes les autres applications de l’IA générative». Les enseignements portent entre autres sur : Les bases de l’apprentissage automatique et de la fouille de données (algèbre, optimisation, réseaux de neurones, motifs graduels…); Les modèles de langage à grande échelle et leur adaptation à faibles données ; L’éthique et l’explicabilité de l’IA; Les agents autonomes et assistants personnalisés.
Stimuler des projets collaboratifs
L’I3AFD’2026 est l’un des 11 lauréats 2025 de l’appel « Residential Research Schools » du CNRS, dans le cadre de son plan pluriannuel de coopération avec l’Afrique. Le projet I3AFD’2026 a été déposé par les professeurs Engelbert Mephu Nguifo (Université Clermont Auvergne, LIMOS – CNRS) et Paulin Melatagia Yonta de l’Université de Yaoundé I (Lire son interview ICI). Après deux premières vagues de financement, cette nouvelle sélection confirme l’engagement du CNRS à renforcer les compétences scientifiques sur le continent africain. Au-delà de la formation, l’école ambitionne de créer une communauté scientifique régionale en IA; stimuler des projets collaboratifs entre participants et intervenants, et poser les bases d’une école annuelle en IA de référence en Afrique centrale.
Cette école scientifique est rendue possible grâce à un partenariat historique entre l’Université Clermont Auvergne et l’Université de Yaoundé I, concrétisé par la première édition en 2024. Cette édition bénéficie du soutien de la Cameroon Artificial Intelligence Society (CAIS), qui œuvre pour le développement et la dissémination d’une IA ancrée dans les réalités locales au Cameroun. Elle est également portée par le centre Afrique centrale et de l’Est de l’Unité Mixte Internationale de Modélisation Mathématique et Informatique de Systèmes Complexes (UMMISCO). Laquelle structure de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) fédère des équipes de recherche au Cameroun, au Sénégal, au Maroc, au Vietnam et en France. Ce centre est un des piliers de la recherche en informatique et modélisation mathématique en Afrique centrale.
Nadège Christelle BOWA



