Mini foire Campo 2025 : Les femmes d’Afrisc tiennent le pari de la 3e édition
Pour la troisième année consécutive, l’Association des femmes Riveraines un Seul Cœur de Campo (Afrisc-Campo) soutenue par Green Development Advocates (GDA) a organisé une mini foire agropastorale sous le thème : « Femmes et jeunes : acteurs clés de l’agroécologie ». Un évènement très couru et apprécié par les populations qui en ont profité pour faire des réserves à l’approche des fêtes de fin d’année.

Les 12 et 13 décembre dernier, la ville de Campo dans la région du Sud au Cameroun a connu une effervescence particulière à l’occasion de la tenue de la 3e édition de la mini foire paysanne de l’Association des femmes Riveraines un Seul Cœur de Campo (Afrisc-Campo). Un rendez-vous très attendu, riche en innovation et honoré autant par les populations que les officiels au rang desquels les représentants locaux du ministère de l’Agriculture et du développement rural (Minader), la mairie et la sous-préfecture de l’arrondissement de Campo. La thématique de cette édition porte sur l’agroécologie et met en lumière, le dynamisme des femmes de Campo désormais très investies dans l’agropastoral au regard de la diversité des produits proposés sur les étals ou à même le sol de l’esplanade de l’école publique bilingue inclusive de Campo dans le département de l’Océan. Femmes et jeunes : acteurs clés de l’agroécologie est le thème de cette rencontre annuelle. « Il s’agit d’une initiative qui s’inscrit en droite ligne des orientations du chef de l’Etat camerounais dans son discours de prestation de serment du 06 novembre 2025, plaçant les femmes et les jeunes au cœur du septennat de la grandeur et de l’espérance », confie Marlyse Nadège Mengue epse Massama, présidente d’Afrisc.
Vingedou Ntari Bon, Adjoint au sous-préfet
Un grand bravo à nos femmes riveraines de Campo
Nous les encourageons à aller de l’avant. Nous connaissons leurs efforts. Il y a des grands projets qui arrivent à Campo. Nous avons l’autoroute, le pont et même l’exploitation du fer dans notre arrondissement. Nous voulons aussi évoquer les efforts du gouvernement à travers le Minader qui les accompagne en tenant compte de leurs difficultés au quotidien. On peut dire aujourd’hui que Campo est dans le développement. Nous sommes contents de voir les efforts fournis par nos femmes riveraines de Campo.
Cet engagement communautaire se veut poursuit-elle, « une plateforme d’implémentation et de célébration des efforts de ces jeunes et femmes dynamiques dont les initiatives novatrices contribuent à la construction d’un avenir plus vert, plus inclusif, plus durable et plus équitable ». Enjeu majeur pour l’avenir, l’agroécologie est une approche qui vise à concilier la production alimentaire avec la protection de l’environnement et la promotion de la biodiversité dans un contexte de « One Health » en français « Une seul santé ». « C’est d’autant plus un enjeu crucial pour notre région où le secteur agricole constitue un levier générateur de revenus importants et pourvoyeur d’emplois. Les femmes et les jeunes de l’arrondissement de Campo en sont les acteurs clés en ce sens qu’ils sont les principaux producteurs de cultures vivrières, les gestionnaires de ressources naturelles et les promoteurs de l’innovation agricole », a souligné Marlyse Nadège Mengue epse Massama. Pour Afrisc, l’organisation de cette mini foire symbolise la reconnaissance et la valorisation du travail des braves femmes et jeunes pionniers de l’agroécologie dans cet arrondissement ; la promotion de l’innovation et l’échange d’expériences entre les acteurs ; leur contribution à la construction d’un avenir plus durable et plus équitable pour tous.
Marie Clarissa Kengmo Fouego, Assistante de projet
C’est vraiment le travail qui paye
L’agroécologie est une option fiable pour lutter contre le changement climatique et renforcer la sécurité alimentaire des communautés. Le message que je peux donner aux femmes, c’est de ne pas se décourager, malgré le fait qu’il y ait des projets qui les impactent, que ce soit directement ou indirectement. Il faut garder toujours la force d’avancer, continuer de travailler, et ne jamais baisser les bras. Car, c’est vraiment le travail qui paye.
Vers l’autonomisation
A l’origine de cette initiative locale, Green Development Advocates (GDA) apprécie le progrès des femmes d’Afrisc Campo. « Il y a une grande évolution. Les femmes se sont levées seules pour organiser cette édition de la foire paysanne. Nous sommes arrivées en tant qu’invités en soutien moral et physique. Pour leur dire que nous sommes toujours avec vous, on ne va jamais vous laisser derrière », affirme Marie Clarissa Kengmo Fouego, Assistante de projet. Les efforts de ces femmes et jeunes sont encensés par les autorités locales. « Nous sommes très fiers de nos dames et sœurs de Campo. Nous avons vu les efforts fournis. Par leur travail, nous avons les tubercules de manioc, les ignames, le plantain en grande quantité à un prix bas. Nous les encourageons à aller de l’avant. Nous connaissons leurs difficultés… Elles ont parlé d’éléphants, c’est un souci ici à Campo. Nous avons rendu compte à la haute hiérarchie qui les a rassurées », apprécie Vingedou Ntari Bon, Adjoint au sous-préfet de l’arrondissement de Campo. Ces acteurs font également face aux effets malfaisants du changement climatique, de la déforestation, au manque de semences qui les empêche de s’épanouir dans leurs activités agricoles.
Marlyse Nadège Mengue epse Massama
Nourrir les populations malgré les obstacles
Nous pouvons nous satisfaire de ce que nous voyons aujourd’hui. Quand la femme a pris une décision, elle va réaliser. La femme de Campo a décidé de nourrir la population quel que soit les obstacles qu’elle rencontre. Nous savons qu’elle ne va pas s’arrêter à cette seule journée. Ce n’est pas pour flatter les yeux des journalistes que vous êtes, ni les autorités.
Une exposition de photos sous le thème : Changements socio-environnementaux à Campo au Cameroun : préoccupations, réponses et aspirations », organisée en marge de cette mini foire paysanne, raconte en images et récits, ces déboires et bien d’autres scènes du quotidien de ces communautés captées par les membres mêmes.
Corine Linda Ehowe, Facilitatrice communautaire
Le photovoice permet aux communautés de se raconter
L’activité Photo Voice est l’une des méthodes utilisées dans le projet FairFrontiers qui examine l’évolution des frontières entre l’agriculture et les forêts dans cinq pays dans le monde (Cameroun, République Démocratie du Congo, Malaisie, Indonésie et Laos). Il est porté par deux partenaires qui sont GDA et l’Institut de recherche sur l’humanité et la nature (RIN) basé au Japon. Dans l’arrondissement de Campo, quatre communautés se sont prêtées à cet exercice. Il s’agit de Djoumessamedjang, Nkoelon, Nazareth et Mintom ville. La particularité du Photovoice est que ce sont les membres de la communauté qui parlent de leurs situations et expériences. Ils prennent des photos de leur quotidien qu’ils accompagnent de récits.
Au-delà de sa présence physique et moral, GDA a marqué cette édition comme les précédentes en offrant des dons aux femmes d’Afrisc. Soit 100 chaises qu’elles pourront mettre en location afin de gagner des revenus supplémentaires et 3000 plants de safoutiers et d’avocatiers. Ces derniers ont été produits par les femmes elles-mêmes grâce à un appui conséquent de GDA qui a mis un consultant agricole à leur disposition pour les pépinières. D’après Brice René Mekondance, Technicien d’agriculture, ces plants pourront porter des fruits d’ici trois ou quatre ans pour certains. Une autre source de revenus à laquelle se greffe divers avantages climatiques et foncier liés à la plantation d’arbres fruitiers.
Nadège Christelle BOWA
De retour de Campo
Vingedou Ntari Bon, Adjoint au sous-préfet 
Marlyse Nadège Mengue epse Massama
Corine Linda Ehowe, Facilitatrice communautaire 


