Développement durable

Brot für die Welt et ses partenaires unis pour renforcer la souveraineté alimentaire grâce à l’agroécologie

Sous le lead de Brot für die Welt (Pain Pour Le Monde), des représentants d'organisations paysannes, de la société civile, de chercheurs et praticiens de l'agroécologie venus de toute l'Afrique se sont réunis à Cotonou pour une journée d'échanges consacrée à la promotion de l'agroécologie et au renforcement de la souveraineté alimentaire.

Aujourd’hui, de nombreux pays africains dépendent fortement des engrais importés, certains en sont même totalement tributaires. Ces dernières années ont démontré que les chocs mondiaux (crises énergétiques, bouleversements géopolitiques ou ruptures des chaînes d’approvisionnement), provoquent une forte hausse des prix des engrais. Ces augmentations soudaines affectent particulièrement les petits producteurs, qui n’ont aucune maîtrise sur les prix du marché. La récente fermeture du détroit d’Ormuz étant le dernier exemple en date des difficultés auxquelles ces producteurs sont confrontés. Tel est le constat à l’origine de cette matinée de réflexion autour de l’agroécologie organisée par Brot für die Welt (BftW), en français «Pain pour le monde», une organisation non gouvernementale allemande fondée en 1959, dédiée à la lutte contre la faim, la pauvreté et l’injustice dans le monde, en collaboration avec ses partenaires le 6 août 2026 à Cotonou au Bénin. «Notre objectif est d’échanger des idées percutantes provenant de tout le continent, de renforcer les réseaux transfrontaliers et de forger des alliances stratégiques en faveur du développement durable», affirme Dr Joost Koks, consultant à BftW, satisfait des résultats de cette session.

Les travaux ont rassemblé des organisations engagées dans la construction de systèmes alimentaires résilients autour de deux thématiques clés que sont : les systèmes semenciers gérés par les agriculteurs et les intrants biologiques produits localement. Selon les orateurs à ces différents panels à l’instar de Omer Agoligan, représentant les organisations paysannes; Famara Dieadeau, de l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA); Joyce Brown, Health of Mother Earth Foundation du Nigeria, (HOMEF); Claude Savadogo, BioProtect, Burkina Faso, l’agroécologie offre une voie alternative. Dans la mesure où, en produisant du compost, des biofertilisants, des pesticides botaniques et d’autres intrants biologiques à partir de ressources disponibles localement, les agriculteurs peuvent réduire leur dépendance aux intrants importés coûteux; améliorer la santé des sols et renforcer la résilience de leurs systèmes de production. A leur avis, ces pratiques permettent non seulement de réduire les coûts de production à long terme, mais aussi de valoriser les savoirs locaux, de préserver la biodiversité et de promouvoir une utilisation circulaire des ressources. Cette rencontre a également mis en lumière le rôle essentiel des systèmes semenciers gérés par les agriculteurs. En effet, depuis des générations, les communautés paysannes sélectionnent, améliorent et échangent des semences adaptées à leurs sols, à leurs conditions climatiques et à leurs préférences culturelles.

Soutenir  les agriculteurs locaux, préserver la diversité agricole

«Ces systèmes semenciers sont dynamiques, évoluent en permanence et constituent une source indispensable de diversité génétique pour faire face aux changements climatiques», affirment les panélistes. Pendant les échanges, les participants ont souligné que la protection du droit des agriculteurs à conserver, utiliser, échanger et développer leurs propres semences est un élément fondamental de la souveraineté alimentaire. Aussi, les politiques publiques devraient reconnaître et soutenir les systèmes semenciers gérés par les agriculteurs aux côtés des systèmes semenciers formels, afin de garantir aux producteurs la liberté de choisir les semences qui répondent le mieux à leurs besoins. Précisément, les participants relèvent que les innovations modernes, telles que l’utilisation d’organismes génétiquement modifiés, menacent les systèmes semenciers gérés par les agriculteurs en compromettant leur autonomie, en favorisant la dépendance à l’égard des grandes entreprises et en détruisant la biodiversité.

La Convergence globale des luttes pour la terre et l’eau Afrique centrale a participé à ces assises (CGLTE-AC)

Par ailleurs, ils ont appelé les gouvernements, en Afrique et ailleurs, à privilégier des systèmes qui soutiennent les agriculteurs locaux, préservent la diversité agricole, renforcent la résilience et garantissent, à terme, la souveraineté alimentaire. « La souveraineté alimentaire commence lorsque les agriculteurs contrôlent les ressources essentielles dont ils dépendent au quotidien : des sols fertiles, des nutriments disponibles localement et des semences adaptées à leurs propres conditions de production », déclarent les organisateurs. Selon qui: « Construire des systèmes alimentaires résilients nécessite d’investir dans les connaissances des agriculteurs, l’innovation locale et les pratiques agroécologiques qui renforcent les communautés plutôt que d’accroître leur dépendance aux intrants externes ». À travers le dialogue et le partage des connaissances, les participants souhaitent renforcer la coopération à l’échelle du continent africain et identifier des solutions concrètes permettant aux communautés agricoles d’améliorer leurs moyens de subsistance, de restaurer les écosystèmes et de bâtir des systèmes alimentaires résilients pour les générations futures. Dans l’esprit du Forum social mondial en marge duquel s’est tenue cette session.

Nadège Christelle BOWA

à Cotonou

 

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