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Gabon : agriculture paysanne, semences et souveraineté alimentaire

La présentation a mis en évidence le paradoxe du Gabon, un pays disposant de conditions naturelles favorables à l’agriculture, mais qui reste fortement dépendant des importations pour son alimentation. Face à cette situation, l’agriculture paysanne a été présentée comme une voie essentielle vers la sécurité et la souveraineté alimentaires.

La sécurité alimentaire suppose que les populations aient durablement accès à une alimentation suffisante, saine et nutritive. Or, cette sécurité ne peut être durable sans les paysans : « s’il n’y a pas de paysans, il n’y a pas de sécurité alimentaire ». Pourtant, ceux qui nourrissent les populations restent confrontés à de nombreuses difficultés : accès et maîtrise de la terre, pression exercée par certains grands investissements, non-respect de certains engagements envers les communautés, manque de financement, difficultés d’accès au crédit et insuffisance des équipements agricoles.

Le conflit homme-faune constitue également une préoccupation importante au Gabon. Les animaux sauvages peuvent détruire les cultures, alors que les petits producteurs disposent de peu de moyens pour protéger leurs plantations. La protection de la biodiversité doit donc être conciliée avec la protection des moyens d’existence des communautés paysannes.

Face au manque de financement, l’organisation collective et la solidarité entre producteurs ont été présentées comme des solutions permettant de mutualiser les ressources et d’acquérir collectivement des équipements agricoles, comme des tracteurs.

Une attention particulière a été accordée à la semence paysanne à travers le témoignage d’une jeune Gabonaise ayant grandi auprès de sa grand-mère. Elle explique avoir appris à produire selon les pratiques transmises par celle-ci. Son expérience montre que la semence paysanne est non seulement un moyen de production, mais également un patrimoine culturel et un vecteur de transmission intergénérationnelle des savoirs.

Les semences et les pratiques paysannes contribuent également à la préservation de l’environnement, de la diversité des cultures et des écosystèmes. Dans le contexte gabonais, cette réflexion s’inscrit dans une vision plus large de protection des terres, des forêts, des ressources en eau ainsi que de la biodiversité terrestre, côtière et marine.

Ainsi, défendre l’agriculture paysanne signifie défendre la terre, les semences, les savoirs traditionnels, la biodiversité, l’accès aux moyens de production et la dignité des paysans. C’est dans cette perspective que prend sens la mobilisation jusqu’au Bénin : construire une solidarité entre les peuples et les mouvements afin de défendre l’agriculture paysanne et avancer vers une véritable souveraineté alimentaire en Afrique.

Le message central de l’intervention gabonaise peut ainsi être résumé : protéger le paysan et la semence paysanne, c’est protéger la capacité du Gabon à nourrir sa population aujourd’hui et à transmettre cette capacité aux générations futures.

par Champlain Tiomela

Consultant, Directeur d’Advanced Research Advising Company (ARAC)

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Cotonou 2026

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