André Ndomba : Une des voix internationales des peuples autochtones s’est éteinte
Le monde de la défense des droits humains et des minorités est en deuil. André Ndomba, consultant international et figure emblématique de la cause des peuples autochtones au Cameroun, est décédé des suites de maladie le 28 septembre 2026.

Natif de Lossou, un petit village Baka situé dans l’arrondissement de Dimako (département du Haut-Nyong, région de l’Est), André Ndomba portait dès son plus jeune âge le surnom de « Waïto », traduisible par « Leader » en langue Baka. Une prédiction qui s’est réalisée au fil d’un parcours remarquable : son influence a rapidement dépassé les frontières de son Haut-Nyong natal pour s’imposer à l’échelle nationale et internationale.
Doté d’une intelligence naturelle et d’une fine compréhension des dynamiques sociales, André Ndomba s’est hissé parmi les rares personnalités capables de faire l’unanimité au sein des différentes communautés autochtones. Respecté aussi bien par ses frères Baka de l’Est et du Sud que par les Bagyeli du département de l’Océan, il était écouté pour son engagement indéfectible en faveur de la protection des droits de ses pairs.
Un héritage orienté vers la jeunesse et les traditions
Trilingue — maîtrisant le français, l’anglais et le Baka —, il a régulièrement servi de point focal pour de nombreuses organisations non gouvernementales. Également interprète lors de rencontres stratégiques, il facilitait le dialogue entre les peuples de la forêt, les autorités administratives, les médias, les organisations de la société civile et les partenaires techniques et financiers internationaux. Reconnaissable à son charisme et à son élégance constante, celui que ses proches surnommaient aussi « Tyler » se distinguait par sa rigueur et sa ponctualité.
Malgré sa disparition prématurée, André Ndomba laisse derrière lui des bases solides pour la continuité de son combat. Conscients des enjeux futurs, il avait fondé l’association CIANI afin de former la relève et de faire émerger une nouvelle génération de leaders issus des peuples autochtones. Fervent défenseur du patrimoine ancestral, il laisse également en chantier un projet majeur qui lui tenait particulièrement à cœur : la revitalisation des savoirs et médecines traditionnels des peuples de la forêt.
Nadège Christelle BOWA



