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Riposte contre le Mpox : La flore camerounaise inspire la virologie de pointe

Et si le remède contre le mpox se cachait au cœur des forêts du Cameroun ? C'est le pari audacieux de deux chercheurs camerounais qui démontrent que la pharmacopée traditionnelle, combinée à la science moderne, peut donner naissance à des antiviraux d'exception.

Dans les sous-bois camerounais notamment dans la région du Sud, autour de Kribi, Lolodorf, et Grand Batanga, pousse Allexis cauliflora, une plante discrète de la famille des Violaceae.  C’est une espèce de plante à fleurs pouvant atteindre 2 à 10 mètres de hauteur qui entre les mains du Dr Olivier Ndogo Eteme, chimiste et enseignant-chercheur à l’Université de Pennsylvanie, est devenue une arme prometteuse contre le mpox (variole du singe). Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le Cameroun fait face à une épidémie de Mpox active depuis le 14 novembre 2025. Le bilan cumulé au 2 avril 2026, fait état de plus de 200 cas suspects et 37 cas confirmés et de nouveaux foyers signalés dans les régions du Sud et de l’Ouest.

Alors que l’épidémie suscite une vive inquiétude sanitaire dans la région, les travaux du chercheur apportent une lueur d’espoir scientifique majeure. En analysant la plante, le Dr Ndogo Eteme est parvenu à identifier et synthétiser en laboratoire deux peptides cycliques (Alca 1 et Alca 2). Evalués sur le virus Vaccinia (souche cousine du mpox), ces composés ont révélé une capacité inhibitrice remarquable. Soit une activité 2 à 3 fois supérieure aux médicaments actuellement homologués. « Il n’existait encore aucun médicament contre le mpox de nature peptidique avec un tel niveau d’efficacité », souligne le chercheur, rassurant également sur la non-toxicité validée par des tests répétés.

D’après lui également, l’innovation réside dans la méthode à savoir : « ne pas se contenter d’extraits bruts, mais utiliser la chimie des substances naturelles pour isoler, reproduire et valider scientifiquement un principe actif pur ». Malgré la portée de cette découverte, les obstacles restent nombreux pour les scientifiques du continent. Réunis lors d’un webinaire organisé ce samedi 10 octobre 2026, par l’antenne camerounaise du Réseau des journalistes scientifiques d’Afrique francophone (RJSAF), les experts ont dressé le constat lucide : un déficit de vulgarisation, un besoin de brevets et la rareté pour ne pas dire l’absence du financement public.

L’urgence de soutenir la recherche 

Dr Patrick Hervé Diboue Betote, de l’Institut de recherches médicales et d’études des plantes médicinales (IMPM), soutient que la recherche sur la pharmacopée est dynamique au Cameroun, seulement, ses résultats peinent à atteindre le grand public et les décideurs. Dr Ndogo Eteme pour sa part, insiste sur la nécessité pour les universitaires africains de protéger leurs trouvailles par des brevets afin d’en faire de véritables leviers économiques. Tous deux appellent les États africains à honorer l’engagement de l’Union africaine d’allouer au moins 1 % de leur PIB à la recherche et au développement. Le principe actif faisant désormais l’objet d’un brevet, l’équipe scientifique explore plusieurs pistes d’application.

Un laboratoire de pointe

En attendant l’aboutissement des longues étapes d’un agrément médicamenteux international, des approches de valorisation plus rapides (comme la distribution encadrée de poudre de plante sous forme de thé) sont envisagées. Pour le Dr Diboue Betote, si un biomédicament franchit avec succès les tests de sécurité et démontre un taux de guérison d’au moins 80 %, une autorisation nationale d’urgence devrait être encouragée. En effet, face à l’épidémie, l’urgence reste d’apporter des solutions concrètes aux populations.

Aussi, les Mesures de riposte intègre la vaccination. Une Campagne de vaccination a été lancée le 11 avril 2026 à l’Hôpital Laquintinie de Douala grâce à un premier lot de 10 000 doses (dont 3 807 déployées en priorité dans 11 districts du Littoral) fourni avec l’appui d’Africa CDC, de l’OMS et de l’UNICEF. Le personnel de santé, les sujets contacts identifiés et les équipes de gestion de la riposte (personnes de 18 ans et plus) en sont les cibles prioritaires. En termes de coordination, un Système de Gestion de l’Incident (SGI) piloté par le ministère de la Santé publique du Cameroun supervise la surveillance active, le traçage des contacts et la sensibilisation communautaire.

Nadège Christelle BOWA

 

 

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