PALM-TREEs rentre en gare: Trois ans pour comprendre comment les communautés vulnérables et marginalisées font face aux extrêmes climatiques
Les principaux résultats du projet PALM-TREEs divulgués au cours d’un atelier sous-régional qui s’est ouvert ce mardi 1er septembre 2026 à Zolo’o Assi-Ebogo 3 par Soa au Cameroun. Ce banquet scientifique de trois jours, offre un cadre d’échanges qui permet de valoriser les acquis du projet, identifier les perspectives de capitalisation et de pérennisation des résultats, mais aussi formuler des recommandations destinées à renforcer les politiques et les stratégies de réduction des risques de catastrophes en Afrique centrale et au-delà.

Dans quelques jours, précisément le 30 septembre prochain, le projet PALM-TREEs (Un regard panafricain et transdisciplinaire sur les marginalisés: faire face aux risques liés aux événements extrêmes) rentre en gare, selon Monique Yigbedek, Coordonnatrice régionale du Réseau Femmes africaines pour le développement durable en Afrique Centrale (REFADD). Mais avant cette échéance qui met un terme à trois années de quête et de mise en œuvre de solutions durable face aux changements ou variation climatique, afin de répondre aux besoins des communautés touchées, le projet livre ses principaux résultats au Centre touristique Beth-Ananiah, situé à Zolo’o Assi -Ebogo 3 dans l’arrondissement de Soa, dans le département de la Méfou-et-Afamba, région du Centre au Cameroun.

«Nous avons travaillé pendant 42 mois pour développer des solutions de résilience avec les communautés à la base, à l’Ouest du Cameroun et au Nord du Cameroun. Nous avons trouvé des solutions basées sur la nature pour permettre à ces populations de travailler sans utiliser les engrais chimiques».
Mis en œuvre en Afrique centrale par l’Université de Yaoundé et le REFADD, l’atelier sous régional de diffusion des résultats et de clôture des activités dudit projet vise à présenter les avancées sur le développement de bases de données sexospécifiques relatives aux impacts des aléas météorologiques extrêmes sur la chaîne de valeur agricole en Afrique centrale, notamment au Cameroun et en RDC. Il s’agit a-t-on appris au cours de cette première journée de favoriser l’appropriation des résultats par l’ensemble des acteurs afin d’optimiser l’intégration des enjeux climatiques et de genre dans les plans d’action nationaux et sous-régionaux.
A Foumbot (Ouest Cameroun) renseigne Prof Solange Essomba de l’Université de Yaoundé I, faisant le point des enseignements tirés de la recherche en sciences sociales dans le cadre du projet PALM-TREEs, «Au-delà des catégories prédéfinies, les déplacés internes de la crise du Noso rentrent dans le registre des marginaux […] A Guider (Nord Cameroun), la marginalisation affecte plus la gent féminine qui a du mal à accéder à la terre dans un contexte culturel marqué par le patriarcat; A Mbanza-Ngungu (RDC), les réfugiés sont de plus en plus marginalisés du fait d’être non seulement éloignés de leur pays natal (Congo Brazzaville), mais aussi de leur difficile accès à la terre en territoire d’accueil».

Tomate, Oignon, Manioc
Par la voix du représentant du Secrétaire Exécutif de la Commission Commission des Forêts d’Afrique Centrale, la COMIFAC, salue cette initiative du REFADD. «Le Projet PALM-TREES apporte une contribution importante à cette problématique. Il associe recherche climatique, réalités locales et dimensions sociales. Il accorde également une attention particulière aux inégalités de genre» a souligné Engono Mba Amédé dans son allocution d’ouverture des travaux. Il relève par ailleurs que les travaux menés au Cameroun et en RDC sont «particulièrement instructifs». Car, a-t-il expliqué, ils permettent de mieux comprendre les impacts sur les chaînes agricoles et favorisent également le développement de solutions adaptées aux territoires.
En Afrique centrale, le changement climatique représente un défi majeur pour les populations en général et les agriculteurs en particulier. Les sécheresses, inondations et vagues de chaleur affectent les communautés. Tandis que les populations vulnérables restent particulièrement exposées à ces risques. Le Projet PALM-TREEs qui dresse une cartographie des aléas climatiques et vulnérabilité des systèmes de cultures locales suivant des spéculations (Tomate, oignon, Manioc) ciblées en fonction de leur importance pour les agriculteurs et les consommateurs, apporte des solutions qui intègrent les connaissances locales tout en favorisant une approche inclusive et en renforçant la résilience des communautés.
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Professeur Wilfried Pokam, Investigateur principal
Augmenter les bénéfices en réduisant les charges de production
«Concernant la solution que nous avons développée, nous l’avons conçue avec eux. Nous avons imaginé la manière dont elle serait développée avec eux, nous l’avons mise en œuvre, nous l’avons testée avec les agriculteurs. L’idée sous-jacente était qu’ils s’approprient véritablement ce que nous avons développé ensemble. Il ne s’agit pas de chercheurs qui auraient mis au point quelque chose pour le transmettre ensuite aux agriculteurs, mais d’une forme de co-production. L‘objectif était d’assurer une forme de durabilité. Qu’ ils puissent prendre le relais après le projet,», explique prof. Wilfried Pokam, investigateur principal.
Le chercheur ajoute: «Nous avons pu démontrer qu’avec une quantité significativement réduite de pesticides chimiques, nous parvenions à produire la même quantité de tomates. Cela signifie qu’en réduisant significativement le coût de production grâce à la baisse d’utilisation des pesticides, les agriculteurs obtenaient le même rendement et donc les mêmes revenus. La méthode leur permet donc d’augmenter leurs bénéfices nets en réduisant les charges de production»
Apprendre pour pouvoir dupliquer ces résultats au pays
Edwige Eyang Effa, Point focal Refadd Gabon
Ce projet nous présente des résultats qui vont nous permettre, pour les pays n’ayant pas été au cœur de l’initiative, de dupliquer les démarches. Nous analysons les processus utilisés pour accompagner les communautés situées dans des zones aujourd’hui arides. Bien que nous n’ayons pas cette situation exacte au Gabon, nous connaissons des périodes où il pleut près de 9 mois par an, alors que nous avions auparavant une petite et une grande saison des pluies, ainsi qu’une petite et une grande saison sèche, avec des cultures adaptées à ces rythmes. Aujourd’hui, il faut apprendre aux communautés à s’adapter à ces nouvelles variations et ajuster les types d’agriculture. C’est ce qui a motivé notre présence ici : apprendre pour pouvoir dupliquer ces résultats au pays. Même si les conditions d’application du projet diffèrent, les réalités vécues par les communautés et les variations climatiques restent similaires un peu partout dans le monde, bien que les types de végétation varient d’une zone à l’autre.
L’investigateur principal rassure quant à cette possibilité de duplication et même de passage à échelle dans les localités et pays non pris en compte par le projet.
« Oui, on peut facilement le dupliquer car tous les intervenants du projet sont des acteurs étatiques et des organisations paysannes. Ce sont des participants issus à la fois des services publics et des structures locales. Puisque nous avons appuyé notre démarche sur l’écosystème local, cela facilite la valorisation des résultats obtenus, la circulation de l’information et, par conséquent, le passage à une échelle plus vaste dans le pays.
De plus, le fait d’associer les ministères sectoriels des différentes localités aux organisations de planteurs devait aider à amorcer ce passage à l’échelle. Comme je l’ai mentionné, le budget était limité, mais nous espérons que le dialogue engagé avec les différents acteurs permettra de développer d’autres initiatives à plus grande échelle sur le territoire national », conclut Prof Pokam
Nadège Christelle BOWA



